Comment se sent-on après une séance de kinésiologie ?
Ou quand, après l'emballement, viennent l'inconfort, le doute ou la frustration...
Voilà. Sortant juste d’une consultation de kinésio, vous êtes emballé, rasséréné et revigoré, en ayant bien constaté une différence tangible entre les tests musculaires de début et fin de séance (avant : le muscle « lâche » ; après, il « tient », incroyable). Votre sœur ou votre collègue vous avait fortement suggéré de faire une séance découverte – « Mes douleurs ont disparu, c’est bluffant ! Vas-y, essaye » – et vous vous attendiez donc à un résultat magique.
Et puis… mouais, bof, pas tant que ça. Alors que se passe-t-il ? Est-ce normal si vous n’avez pas vraiment accédé à ce bien-être global, physique, émotionnel et mental, attendu après la séance ? Est-ce normal si les symptômes semblent s’être accentués temporairement ? Est-ce cela qu’on appelle une « crise de guérison », ou un « effet rebond » ? Faut-il attendre, reconsulter ?…
Je propose ici un point détaillé sur ce sujet, à partir de mes recherches, de mon expérience en cabinet et d’échanges avec d’autres praticiens. Pour la forme : vous apprécierez au passage mes métaphores : il sera question d’ordinateur, de friche, de marais, d’oignon…
Reformulons d’abord la question.
Que peut-on attendre d'une séance de kinésiologie ?
Première réponse, générale et évidente : ça dépend !
Rappelons d’abord que la kinésiologie vise à favoriser un bien-être physique, mental et émotionnel, et à stimuler les potentiels de la personne. Les effets d’une séance – mais aussi a priori de toute pratique thérapeutique ou de bien-être, n’est-ce pas ? – varient en fonction :
- de la nature, de la complexité et de « l’ancienneté » de la problématique du consultant.
- des attentes, des ressources physiques et psychiques personnelles, des croyances du consultant sur le praticien ou sur lui-même (« moi j’ai tout essayé, depuis des années, et y a rien qui marche sur moi »...)
- de la qualité de l’interaction entre praticien et consultant au moment de la séance, disons familièrement du « bon feeling » entre eux.
- et même, pourrait-on dire, parfois, du moment de la journée ! Car on n’est pas dans la même disposition d’esprit et la même énergie post-séance si, par exemple, on consulte vite fait sans déjeuner à la pause méridienne avant de reprendre le boulot, ou si on a un temps pour se poser et intégrer ce qui a été dit, fait et ressenti, en allant siester ou se balader. (Sans même compter notre « horloge interne » et l’activité circadienne des méridiens, qui pourraient aussi influer sur la direction que prend la séance et sur ses suites).
Autrement dit, chaque séance est unique, et ses résultats ne sont pas prédictibles.
Alors concrètement, que se passe-t-il après une séance ?
De trois choses l'une :
1. Soit vous observez un mieux-être palpable, immédiat ou progressif ; la problématique initiale s’atténue ou semble même résolue, parfois dès la première séance, sinon en deux ou trois. La séance vous a permis de déposer quelques vieux « dossiers encombrants », de faire des liens, de donner du sens ou de vous remobiliser. Vous êtes enchanté et soulagé. Et je suis ravie pour vous ! (On aimerait bien que ce soit TOUJOURS ce cas n°1 n’est-ce pas ?)
2. Soit vous ressentez des perturbations, de l’inconfort pendant quelques heures ou quelques jours ; vous vous sentez fatigué, d’humeur changeante, vos symptômes vous narguent (« hé, je suis encore là ! ») ; ça va/ça va moins bien, selon les moments de la journée ; ou alors ça allait plutôt mieux pendant quelques jours, puis le problème est revenu. Bref, vous sentez que ça a fait bouger les lignes, mais pas forcément comme vous le souhaitiez.
3. Soit vous n’observez aucune amélioration notable (pssst, ou alors, pas encore ? Ou alors : vous n’en avez pas pris conscience, c’est passé inaperçu ?). Honnêtement : vous vous y attendiez un peu ? Impatient, vous passez à autre chose. Un autre praticien, une autre méthode...
Nous allons explorer en détail les cas n°2 et 3.
Des inconforts passagers : la faute à "l'effet rebond" ou à la "crise de guérison"?
Le travail engagé en séance ne se termine pas à la porte du cabinet. Parfois – mais pas systématiquement – le consultant aura besoin de quelques heures pour intégrer les équilibrations effectuées, de quelques jours pour réajuster son métabolisme ou sa posture physique, voire quelques semaines selon les contextes, pour se libérer complètement d’anciennes croyances ou habitudes bien ancrées, reconsidérer son rapport aux autres, s’approprier de nouveaux outils ou une nouvelle vision de lui-même...
Ainsi, la première séance peut amorcer un « mouvement de fond », déclencher un réajustement énergétique, mental, émotionnel et physiologique profitable à long terme. Ça peut remuer intérieurement. Il peut y avoir des doutes, des peurs, des somatisations, des avancées et des retours en arrière… Ce sont ces réactions passagères du corps et de l’esprit qu’on appelle effet rebond, ou encore « phase épileptoïde ».
Quelques situations souvent observées
1. Ça cogite, ça gamberge. Comme on se « refait un match », on peut se remémorer la séance, ou la raconter à un proche. On peut mûrir une idée qui a été exprimée, ou se replonger dans une épreuve du passé qu’on a évoqué, et tirer le fil encore plus loin. On peut être amené à revisiter tout son parcours de vie, à la lumière d’une croyance limitante ou d’un conditionnement qu’on a détecté en séance.
Cette démarche d’approfondissement personnel est souvent éclairante et satisfaisante – « euréka, j’ai compris ! » – mais ça peut aussi semer du trouble et de la confusion. Comme si on retraversait un marais : attention à ne pas trop remuer le fond de vase. Attention à ne pas se laisser emporter par des pensées négatives tenaces, au lieu de se focaliser sur des pensées porteuses et fécondes…
2. Cette fatigue… ! On peut aussi se sentir lourd ou engourdi, comme après un massage bien relaxant… C’est normal : on a évacué la pression, relâché des tensions. Le système nerveux sympathique (système de vigilance et de réponse aux stress) a été temporairement mis en veilleuse, et le système parasympathique a pu prendre les commandes pour ralentir le métabolisme général, favoriser l’apaisement et la récupération. Dans ce cas, l’idéal est de pouvoir s’accorder une sieste ou un temps de repos.
La fatigue peut aussi être liée à notre point n°3 :
3. La fameuse crise de guérison. On peut aussi, après séance, constater des petites réactions ou perturbations physiques (par exemple une envie pressante d’uriner dès la fin de la consultation, ou une diarrhée le lendemain), ou encore observer une augmentation passagère des symptômes déjà présents (par exemple une toux ou une affection de la peau). Ça, ce sont les organes émonctoires (foie, rein/vessie, intestins, poumons et peau) qui font leur travail d’élimination des déchets organiques plus efficacement. Normalement, c’est plutôt bon signe. Ce qu’on appelle communément une crise de guérison décrit concrètement une accélération du processus de récupération.
Une bonne séance de kinésiologie (ré)active les capacités d’adaptation, de développement et de récupération de la personne. D’aucuns diront les capacités d’autoguérison, ou l’énergie vitale…
Disons, familièrement, que la kinésiologie va (entre autres) « recharger les batteries ». Et justement, notre organisme a besoin de plus d’énergie pour mettre en place de nouveaux fonctionnements que pour nous maintenir dans nos zones de confort, nos conditionnements mentaux et nos mécanismes de protection neurophysiologiques. Alors c’est comme si l’organisme, rééquilibré et requinqué après séance, allait mettre à profit ce regain d’énergie pour aller plus vite et plus loin ; ou comme s’il allait mobiliser la nouvelle énergie disponible pour s’occuper enfin de faiblesses ou de dérèglements larvés, « non prioritaires ». J’ose la métaphore : la personne, comme un ordinateur, fait sa mise à jour en arrière-plan. Et ça prend de l’énergie.
Changeons de regard : des éventuels « effets secondaires » de la séance témoigneraient d’un processus d’équilibration en profondeur que la personne reboostée et remotivée a pu engager. À supposer que ces perturbations passagères, physiques ou émotionnelles, soient vraiment liées à la séance, ce qui n’est pas toujours le cas (Qu’avez-vous mangé ce midi ? Vous avez eu une mauvaise nouvelle ?…).
Bien entendu, si les symptômes persistent ou s’aggravent, n’hésitez pas à en informer votre praticien kinésiologue, et à consulter votre médecin traitant !
4. L’euphorie et la dégringolade. Enfin, l’après-séance peut aussi se vivre comme un « shoot » de bien-être, une acmé, suivie d’une redescente et d’une désillusion. Surtout quand on ne peut malheureusement pas échapper dans l’immédiat à un environnement délétère ou à une relation plombante, voire toxique. Fin de la parenthèse enchantée, retour à une sombre réalité.
Évoquons ici brièvement un phénomène énergétique assez méconnu : on rentre chez soi rayonnant, avec un état d’esprit positif et un taux vibratoire élevé, très différents de l’avant-séance. Dans certains cas, cet état peut bénéficier à toute la maisonnée, par des mécanismes subtils de connexion et de co-régulation.
Mais il arrive aussi que s’installe subrepticement une dissonance, une incompréhension profonde avec un proche, qui lui vibre plus bas (par exemple en cultivant un mode de vie délétère, ou des émotions comme la colère, la culpabilité, la jalousie...). On ne se sent plus du tout sur la même longueur d’ondes. Inconsciemment, ce proche ne reconnaît pas cette énergie nouvelle, et réactive alors certains comportements conditionnés, en général des scenarii de conflit, pour rester en lien et retrouver ce qui lui est familier.
Parfois, ce décalage vibratoire est trop inconfortable, alors on se fait ou on se laisse « redescendre » malgré soi. Ce mécanisme spécifique d’autolimitation et ses solutions mériteraient largement un développement, dans un autre article.
Quand viennent le doute, la frustration ou le désengagement...
La séance n’a rien changé, ou les résultats ne sont pas à la hauteur de vos espérances ? Rappelons quelques points qui peuvent permettre de revoir votre jugement :
1. Une seule consultation ne peut pas régler tous les stress d’une vie. C’est une évidence, le kinésiologue n’est pas un sauveur ni un sorcier. En 1h à 1h30, on a parfois dû s’attarder sur des « prétests » à rééquilibrer, préalables à l’exploration d’un objectif ; on a parfois juste pu « défricher le terrain », identifié plusieurs zones du corps à travailler, hiérarchisé les différents plans ou temporalités concernées, démêlé les processus prioritaires et périphériques impliqués, et désamorcé des blocages et résistances au changement. Ce n’est pas rien !
Naturellement, il faudra au moins deux ou trois séances pour faire le tour d’une problématique ancienne et multifactorielle. C’est la fameuse métaphore de l’oignon : pour pouvoir accéder au cœur du problème (le germe central), il faut enlever plusieurs couches superficielles ou périphériques.
2. Vous êtes l’acteur principal de votre développement personnel
Vous avez le premier rôle dans le processus de changement, et heureusement ! Tout ne repose pas sur les épaules du praticien. Il n’est pas dans votre intérêt de déléguer tout votre pouvoir à une tierce personne.
À vous de vous engager pleinement dans votre démarche de bien-être personnel. De (re)considérer vos attentes, vos besoins, vos standards. D’accepter de sortir d’un rôle de victime ou de malchanceux. De lâcher une ancienne identité (« j’ai toujours été timide »...) pour en visualiser et assumer une nouvelle (« j’ose exprimer qui je suis »). De hacker vos pensées négatives automatiques pour cultiver des pensées plus agréables, fertiles et soutenantes.
Le kinésiologue vous a peut-être suggéré des petits exercices ponctuels ou des routines à installer pour « ancrer » le travail déjà entamé et renforcer les équilibrations effectuées. Les « devoirs à la maison » peuvent être des mouvements, des respirations, une Fleur de Bach, une petite adaptation alimentaire, des points de méridiens à stimuler, des affirmations positives à s’approprier, un acte symbolique à poser, un essai de déplacement de votre lit, des examens médicaux à entreprendre… Et ça, c’est une partie non négligeable du processus de changement, qui incombe au consultant.
Enfin, n’oublions pas que le changement doit être nourri par la pratique et la persévérance pour s’ancrer pleinement. Notre subconscient a tendance à considérer le nouveau comme une menace. Il lui préfère le familier, même inconfortable ou délétère. Puisqu’il aime la routine, créons-lui une « bonne » routine !
Et pour commencer, concrètement, dans les heures et les jours qui suivent la consultation, je vous invite à
- boire de l’eau régulièrement
- vous reposer si besoin
- pratiquer les exercices proposés en fin de séance
- rester à l’écoute de vos ressentis corporels ; éventuellement les noter, pour me faire un retour si vous le souhaitez, et pour mieux mesurer le changement dans quelques temps.
Pour ma part, je reste disponible pour répondre à vos questions si des doutes ou des inconforts apparaissent après la séance.
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